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Culture

Le nouvel an Amazigh - Qu'est ce que c'est ?


Jeudi 12 Janvier - 23:45

Le nouvel an Amazigh - Qu'est ce que c'est ?


Appelé Yannayer en berbère, le jour de l’an amazigh célébré tous les 12, 13 ou 14 janvier de chaque année. Sa célébration diffère d’un pays à l’autre : au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, aux Iles Canaries, mais aussi par les diasporas maghrébines dans le monde dont celle en Amérique du Nord.

Pour comprendre mieux le calendrier Berbère, la rédaction de Rifonline republie cet article signé par Moha Ennaji, chercheur et écrivain marocain.
 


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Le Nouvel An amazigh 2964, appelé «Id Yannayer» en Tamazight, marque le Jour de l’An du calendrier agraire, utilisé depuis l'antiquité par les Imazighens. Il correspond au 1er jour de janvier du calendrier julien, aujourd'hui en décalage de 13 jours par rapport au calendrier grégorien. Le Nouvel An amazigh (ou berbère) est fêté chaque année le 13 janvier dans les pays du Maghreb toujours attachés à leurs traditions. Il est considéré comme la plus ancienne fête de l'histoire du Maghreb. «Yan» veut dire premier et «ayer» signifie mois. Le calendrier amazigh a pris naissance en l’an 950 av. J.-C., lors de l’accession du guerrier amazigh Cecnaq au trône en Égypte où il fonda alors la 22e dynastie pharaonique. Par conséquent, l’année 2014 correspond à l’année 2964 du calendrier amazigh.
 
Cette tradition, encore vivante de nos jours à travers le Maghreb, remonte à très loin dans l’histoire de la région. En dépit de tout ce qui a été fait, depuis plus de quatorze siècles, pour biffer le caractère amazigh du Maghreb, la célébration de Yannayer «Ixf n useggwas» ou «Hagouza» dans plusieurs régions du Maroc, est l’une des traditions qui résistent encore. Les familles partagent traditionnellement un dîner à base de couscous volaille ; celui-ci doit être copieux pour symboliser l’abondance de l’année agricole qui s’ouvre. Dans la culture amazighe, presque tout commence toujours par de la gastronomie, même pour fêter le Nouvel An amazigh.

En Algérie, les régions de la Kabylie, Alger, Oran et bien d'autres, la célébration du Nouvel An amazigh débute trois jours avant la date commémorative du 13 janvier. Les femmes préparent la fête en commençant par le grand nettoyage et la décoration des maisons. Le traditionnel diner est généralement constitué d'un couscous garni de viandes et de poulet (Imensi Yannayer). Les enfants font la cueillette des fleurs du bonheur et de l'espoir. Dans les villages, la soirée se poursuit par les évocations autour d'un feu (canoun).

Yannayer a actuellement une dimension internationale, car il est célébré en France, en Italie, en Espagne (Iles Canaries). C'est un symbole de paix, de générosité, d'espoir, de solidarité et d'amitié entre les peuples. Depuis la reconnaissance de la langue amazighe en tant que langue officielle dans la nouvelle Constitution marocaine de juillet 2011, le Nouvel An amazigh est célébré au Maroc dans la gaité et l’espérance. Plusieurs associations culturelles organisent des colloques, des journées d’étude, des fêtes, des rencontres culturelles et musicales à travers le pays pendant presque tout le mois de janvier. La presse écrite, les médias audiovisuels et sociaux assurent une large couverture de ces activités.


 
En Algérie, avant le Printemps amazigh en 1980, cette date était fêtée par le mouvement amazigh à l’Université et dans les milieux intellectuels amazighs. Aujourd’hui, après sa reconnaissance en tant que langue nationale, cette journée est fêtée partout au sein de la société algérienne. La diaspora amazighe, à travers notamment les associations, célèbre également cette date. Le Nouvel An amazigh est ainsi devenu l’un des événements forts de l’ensemble des associations amazighes. Le grand sociologue Ibn Khaldoun écrit très justement dans ses trois volumes «Histoire des Berbères» : «On a vu chez les Berbères tellement de choses hors du commun, des faits tellement admirables, qu’il est impossible de méconnaître le grand soin que Dieu a eu de cette nation». L’histoire nous apprend qu’un peuple sans mémoire est un peuple perdu. Célébrer des dates, des événements et développer des discours sur sa propre histoire commune est très important pour l’évolution culturelle et civilisationnelle d’un peuple. Enfin, le Nouvel An amazigh est plus qu’une date : c’est un symbole, une tradition, une histoire, une identité, une fête, un repère et une mémoire pour les Imazighens et les Maghrébins en général.
 
Sa célébration diffère d’un pays à l’autre : au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, aux Iles Canaries, mais aussi par les diasporas maghrébines dans le monde dont celle en Amérique du Nord. Les Imazighens de Libye exigent déjà que cette date soit instituée fête nationale et jour férié dans leur pays.
 
Aujourd’hui, qu’en est-il de son officialisation comme date commémorative «nationale» au Maroc, au même titre que les autres fêtes dites «légales» ? Le mouvement amazigh réitère sa revendication d’instituer le Jour de l’An amazigh comme jour férié, chômé et payé (...)
 
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Source : Le matin






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