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Hirak du Rif : Lettre ouverte au premier ministre français, M. Edouard PHILIPE en visite officielle au Maroc

Publié le 16 novembre 2017 à 20:23 Hirak du Rif : Lettre ouverte au premier ministre français, M. Edouard PHILIPE en visite officielle au Maroc

Le premier ministre français, M. Edouard PHILIPE effectue, ce mercredi 15 et jeudi 16 novembre, une visite officielle au Maroc. A l’occasion de dette visite, le Collectif des Rifains en France a adressé une lettre ouverte au responsable français pour l’interpeller au sujet de la situation des droits de l’homme dans le Rif.

Dans une la lettre dont une copine est parvenue à la rédaction de RifOnline, le collectif qui agit en tant que « rifains en France et défenseurs des droits humains, épris de liberté et de justice », interpelle le responsable français sur « la situation des droits humains au Maroc et dans le RIF en particulier et la situation des détenus et prisonniers politiques rifains ».
 

 « Le Rif est en proie à un mouvement de protestation et de contestation populaire. La machine répressive marocaine n’a cessé de sévir contre les citoyens rifains qui n’ont d’autre tort que d’avoir réclamé leurs droits légitimes, réclamé le développement du Rif, une région géographiquement enclavée et institutionnellement marginalisé, et enfin pour avoir mis l’Etat marocain devant sa responsabilité. Deux citoyens ont été assassinés, la répression féroce de ses manifestations se poursuit, les enlèvements des principaux leaders du mouvement sont accusés d’atteinte à la sécurité intérieure, de plus les personnes militantes, sympathisantes ou simplement sur la base d’une suspicion de soutenir le mouvement ont été poursuivies et pour nombre d’entre elles emprisonnées. L’état d’exception, toujours en vigueur depuis 1958 dans la région, prive les citoyens de leurs droits civiques, une militarisation accrue, une approche uniquement et exclusivement sécuritaire n’ont fait qu’aggraver la situation. Ce sont plus de 400 prisonniers et détenus politiques rifains, et plus d’une cinquantaine d’enfants croupissent en prison. En tout, plus de 1000 arrestations depuis le déclenchement du mouvement citoyen/Hirak consécutives à l’assassinat de Mohsin FIKRI le 28 octobre 2016 » s’alarme la lettre.

 

Après avoir rappelé  la déclaration du président Emmanuel MACRON lors de sa visite privée au Maroc en juin dernier,  dans laquelle le présidant français avait évoqué « la volonté d’apaisement » exprimée par les dirigeants marocains dans la région, le collectif  déplore la réalité du terrain : 
 

Le 20 juillet 2017 Imad AL ATTABI fut assassiné dans des conditions suspectes et à ce jour non élucidées. Il est mort sous des coups de la police et atteint fatalement par une grenade lacrymogène de fabrication française. Des vagues successives d’arrestations, des procès expéditifs en série suivis de transferts de prisonniers très loin de de leur lieu d’habitations. Par ailleurs, les organisations de défense des droits humains n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme sur l’état d’exception dans le RIF, ses dérives, rappelant les conditions de détention inhumaine des militants rifains, la dégradation de leur état de santé, la grève de la faim et de la soif à répétions, les traitements inhumains et dégradants, la torture, la souffrance vécue par leurs familles (Visites, déplacements, menaces, intimidations, etc…) Malgré l’important dispositif répressif, le mouvement ne faiblit pas et les rifains sont de plus en plus déterminés pour arracher leurs droits et défendre leur dignité ».

 

« Al Hoceima, le chef-lieu de cette région, ville quadrillée pour l’isoler des localités avoisinantes, les accès routiers sont bouclés, les contrôles multipliés, les forces de l’ordre sont toujours largement en nombre, usent de la force et de la violence pour disperser tout rassemblement pacifique en soutien au mouvement et à ses militants ».

S’indigne le collectif.
 
Et d’expliquer :

« L’Etat marocain porte ainsi une atteinte caractérisée, constante et grave aux droits humains. Les peines sévères affligées aux prisonniers et certains détenus rifains qui vont jusqu’à 20 ans de prison, la détention d’enfants mineurs, la répression des manifestations, le sous-développement de la région, le chômage chronique et le détournement des fonds européens destinés à financer des projets locaux ont poussé des centaines de jeunes à risquer leurs vies pour rejoindre l’Europe. La répression a accentué l’exode massif de ces jeunes au péril de leurs vies. Compte tenu des axes stratégiques retenus pour votre visite, notamment la jeunesse et la migration, nous espérons que la situation dans le RIF sera évoquée et à l’ordre du jour de vos rencontres. »

 

« Nous tenons à vous rappeler les engagements de votre gouvernement en faveur de la défense des droits de l’Homme. Le mouvement citoyen dans le RIF et ses leaders n’ont fait qu’évoquer et lutter pour leur liberté publique, leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels d’une manière pacifique, non partisane et non violente ».

 

«  les rapports qui lient le Maroc et la France sont anciens et solides, il serait inconcevable entre partenaires que les droits humains ne soient pas évoquées et que seuls les intérêts économiques prévalent dans cette relation lors de votre déplacement»

Le collectif conclut par la nécessité d’évoquer cette situation avec les responsables marocains :

« Les rifains et les défenseurs des droits humains seront attentifs et vigilants quant aux messages et propos que vous allez tenir face à vos interlocuteurs. Dans l’immédiat il nous paraît impératif que la libération inconditionnelle et immédiate de tous les détenus politiques rifains/Hirak, la levée du blocus de la région, et la cessation de l’approche sécuritaire et répressive, nous semblent être le minimum que vous pouvez réclamer lors de vos entretiens avec vos collègues du Maroc. »

 

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